Dépistage

Le dépistage du risque nutritionnel est la première étape du processus permettant de repérer les patients exposés à un risque de malnutrition. Le dépistage est aussi la première étape de la Démarche intégrée de soins nutritionnels en contexte de soins aigus (INPAC, de l’anglais Integrated Nutrition Pathway for Acute Care), qui permet de détecter tous les patients malnutris (tant dans les services médicaux que chirurgicaux) dans les 24 heures de leur admission à l’hôpital.

Quel outil de dépistage utiliser? (expand +/-)

Nous recommandons l’Outil canadien de dépistage nutritionnel (OCDN) pour les raisons suivantes :

  • Il est concis (seulement 2 questions);
  • Il est facile à utiliser;
  • Il est valide et fiable en contexte de soins aigus;
  • Les questions peuvent être posées par un membre de la famille ou un ami;
  • Il ne doit pas nécessairement être rempli par un professionnel de la nutrition;
  • Les infirmières s’accordent pour dire qu’il s’intègre facilement dans l’évaluation effectuée à l’admission.

Une réponse affirmative (« Oui ») aux deux questions de l’OCDN indique que le patient est à risque sur le plan nutritionnel et doit subir d’autres évaluations afin qu’un diagnostic de malnutrition puisse éventuellement être posé.

Qui doit poser les questions d’évaluation et à quel moment? (expand +/-)

Au moment de planifier le processus de dépistage, discutez avec le personnel afin de déterminer qui devrait poser aux patients les questions de l’OCDN et à quel moment cela devrait être fait. Le plus simple peut être d’ajouter le questionnaire aux formulaires d’admission que remplissent déjà les infirmières. Les infirmières des établissements qui ont participé à nos études ont indiqué qu’il n’était pas plus compliqué de poser deux questions supplémentaires; elles étaient en outre plus susceptibles de le faire lorsqu’elles savaient que ce questionnaire pouvait mener à des soins pouvant être bénéfiques pour les patients.

L’OCDN peut facilement être ajouté aux formulaires déjà utilisés à l’admission. Sinon, le dépistage nutritionnel peut aussi être confié à d’autres membres du personnel qui entrent en contact avec les patients dans les quelques heures suivant l’admission (p. ex., la technicienne en diététique).

On peut favoriser le maintien durable du processus de dépistage en ajoutant l’outil de dépistage au dossier médical électronique. S’il n’est pas possible dans l’immédiat d’ajouter les deux questions à un formulaire existant ou au dossier médical électronique, on pourra choisir d’ajouter une page séparée au dossier d’admission. Cette méthode requiert toutefois généralement des rappels pour que le personnel pense à poser les questions.

De quelle façon le dépistage mènera-t-il à une évaluation? (expand +/-)

Lorsque le dépistage révèle qu’un patient est à risque, il est toujours nécessaire de demander une évaluation pour confirmer le diagnostic de malnutrition. Tous les outils de dépistage tendent à surestimer le risque de malnutrition, et c’est pourquoi il est essentiel de procéder ensuite à une évaluation complète.

La création automatique de demandes de consultation par le dossier médical électronique peut aider à assurer que l’évaluation diagnostique, qui est une étape importante, ait réellement lieu après le dépistage. Il existe aussi d’autres façons de s’assurer que les patients ayant obtenu un résultat positif au dépistage subissent une évaluation, notamment en informant le personnel au sujet des points suivants :

  • importance du dépistage;
  • importance de l’évaluation des patients à risque par une diététiste;
  • définition d’un résultat positif au dépistage du risque nutritionnel;
  • façon d’adresser un patient à une diététiste;
  • cas où on peut omettre le dépistage et adresser directement le patient à une diététiste.

Voici d’autres stratégies auxquelles vous pouvez avoir recours pour intégrer le dépistage dans vos pratiques habituelles :

  • Faites en sorte qu’il soit facile d’adresser un patient à risque à une diététiste, en joignant des instructions ou les coordonnées de la diététiste de l’unité au questionnaire de dépistage.
  • Ajoutez des cases à cocher et autres rappels sur les formulaires d’évaluation afin de favoriser la prise de responsabilité (p. ex., initiales de la personne ayant effectué la démarche).
  • Discutez avec le personnel en charge d’effectuer le dépistage afin de déterminer ce qui pourrait faciliter le processus.
  • Faites des vérifications de l’exécution du processus de dépistage et communiquez vos statistiques au personnel.
  • Soulignez les réussites lorsque le processus de dépistage est bien exécuté.

Y a-t-il des modèles de pratique pour le dépistage? (expand +/-)

Le tableau ci-dessous donne un aperçu des modèles testés dans les hôpitaux ayant participé à l’étude More-2-Eat. Prenez ces modèles à titre d’exemples montrant comment le processus de dépistage et de demande de consultation peut être adapté à votre hôpital ou unité.

Qui effectue le dépistage?

Où se trouve le questionnaire de dépistage? Comment la diététiste est-elle avisée?
Infirmières Formulaire papier utilisé à l’admission, contenant des instructions sur la façon de procéder pour adresser les patients à la diététiste Patients adressés à la diététiste (par téléphone ou sur papier)
La diététiste ou la technicienne en diététique vérifie les formulaires d’admission afin de détecter les résultats positifs au dépistage du risque nutritionnel; patients adressés à la diététiste au besoin.
Infirmières Formulaire d’admission (électronique) Demande électronique de consultation de la diététiste ou d’un autre clinicien en vue de l’Évaluation globale subjective (ÉGS)
Assistantes/techniciennes en diététique OCDN utilisé au moment de recueillir des renseignements sur l’alimentation, les préférences alimentaires et autres renseignements pertinents auprès des patients L’assistante ou la technicienne en diététique laisse l’OCDN en format papier dans le pigeonnier de la diététiste. Le risque nutritionnel est indiqué dans le dossier du patient.

N’oubliez pas : L’objectif est de soumettre tous les patients admis/transférés au dépistage, puis d’évaluer au besoin l’état nutritionnel des patients à l’aide de l’Évaluation globale subjective (ÉGS), afin de confirmer le diagnostic de malnutrition. Quiconque ayant reçu une formation, plus particulièrement les diététistes et les techniciennes en diététique, peut utiliser l’ÉGS pour poser un diagnostic de malnutrition.


Outils

Le dépistage de la malnutrition à l’aide d’un outil validé peut faire naître un nombre élevé de demandes d’évaluation nutritionnelle. L’échelle d’évaluation globale subjective (ÉGS) est un outil d’évaluation de l’état nutritionnel en première ligne simple et efficace, qui peut être utilisé après un résultat positif à un test de dépistage. Les patients chez qui on aura identifié une malnutrition modérée ou grave à l’aide de l’ÉGS devront être soumis à des évaluations plus poussées afin d’établir des cibles pour les interventions et les traitements nutritionnels, tandis que les patients non atteints de malnutrition ne devront pas subir d’évaluation nutritionnelle.

Outil Canadien de dépistage nutritionnel – couleur
Validé et testé pour la fiabilité avec une variété de professionnels de soins de santé

Outil Canadien de dépistage nutritionnel – noir et blanc
Validé et testé pour la fiabilité avec une variété de professionnels de soins de santé

Comparison d’outils de dépistage nutritionnel pour les hôpitaux
Comparison d’outils de dépistage nutritionnel pour les hôpitaux pour le site web du GTCM 26 février 2015

Affiche sur le dépistage nutritionnel
Un exemple d’affiche visant à informer le personnel au sujet du dépistage nutritionnel à l’aide de l’OCDN

Exemple d’intégration de l’OCDN dans une base de données d’admission
Un exemple de la façon dont un hôpital peut intégrer l’OCDN dans sa base de données d’admission.

Dépistage des patients atteints de malnutrition
Cette présentation PowerPoint porte sur le dépistage de la malnutrition, notamment à l’aide de l’OCDN

Intégrer le dépistage dans la pratique
Un guide étape par étape de mise en œuvre des changements.


Remerciements : Les idées et ressources présentées sur cette page ont été en partie fournies par les hôpitaux ayant participé au projet More-2-Eat.


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